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Culture, économie, emploiArticles

Le spectacle vivant en espace public, témoignage et réflexions

Si une partie de mes créations de spectacles vivants concernent l’espace public (de 1989 à 1998 puis à nouveau depuis 2009), c’est que j’y ai toujours vu la possibilité d’y intervenir artistiquement dans la vie quotidienne, hors d’un espace dédié (théâtre, opéra, centre culturel, etc. . ) qui requiert une convocation vers un public (public qui ne s’y rendra que s’il en a les moyens culturels et/ou économiques). Il ne s’agit jamais de « faire du spectacle de rue » mais plutôt de chercher dans l’espace public la matière même des créations autant que leur lieu de réalisation.

À la fin des années 80, la création de spectacles vivants en espace public s’est développée dans l’hexagone plus que dans aucun autre pays ; le phénomène s’est ensuite étendu à toute l’Europe, ainsi qu’à quelques territoires plus éloignés, notamment le Canada, la Corée du Sud, le Japon, Singapour et l’Australie. Aujourd’hui, et quel qu’en soit l’appellation ( « Arts de la Rue », « Théâtre de rue », « Danse de rue », « Spectacle hors les murs » …), un nouveau secteur de la diffusion du spectacle vivant existe de manière pérenne avec ses propres institutions en France et en Europe et une reconnaissance (encore relativement condescendante, et sur des miettes budgétaires) de la part des institutions culturelles françaises classiques (ministères de la Culture, DRAC, SACEM etc. . ).

Mais en s’opérant, cette pérennisation a abouti à la « festivalisation » du genre. À quelques exceptions près, la majorité des programmations « hors les murs » ne s’effectuent à présent qu’au sein de Festivals, Fêtes de la ville et autres foires. Si les programmateurs trouvent normal de programmer en salle un spectacle unique, ces mêmes programmateurs ne semblent concevoir de présenter un artiste dans l’espace public que si sa proposition est incluse dans un programme réunissant d’autres productions, jouées les unes après les autres, voire simultanément à quelques mètres les unes des autres. Dans un secteur barriéré et nettoyé de ses populations précaires (exit SDF, etc…), le spectateur se trouve réduit au même rôle de consommateur de l’événement que les clients des parcs d’attractions. Il n’y a pas de place pour une irruption de l’Art dans la vie quotidienne, ni pour un dialogue entre l’artiste et un territoire (et ses populations), ou toute autre possibilité de réelle réappropriation de l’espace public. L’événement festif se substitue au cadre quotidien de la ville dont les aspérités et les problématiques ont été gommées provisoirement le temps de la fête.

Il est difficile de trouver des organisateurs qui proposent aux artistes de travailler sur un territoire « au naturel » en dehors de tout festival. Avec Gloria ARAS, ma compagne et partenaire, nous intervenons à l’occasion de notre propre chef dans l’espace public, notamment dans notre quartier où nous descendons régulièrement, mais toujours à l’impromptu, « danser avec la ville » en bas de chez nous. Mais il nous faut quand même, comme le dit si bien Gloria (qui est Espagnole), « faire bouillir la marmotte ». Nous ne vivons pas de l’air du temps, mais uniquement de la vente de nos performances, car, par choix, nous n’avons jamais reçu 1 ct de subvention (c’est aujourd’hui anecdotique, car nous travaillons sur un dogma de la nada dans de petites formes, mais ce fut héroïque à l’époque de nos « super productions » du Groupe PESCE CRUDO : NEGRABOX, TABULA).

Il existe quelques opérateurs qui tentent de développer le spectacle vivant en espace public hors festival (Pronomade (s), SOAR, Le Fourneau…) mais cette pratique reste minoritaire et ne permet pas encore au spectacle vivant en espace public de s’émanciper du festif et du festivalier. Pour notre part nous travaillons avec la Coopérative de Rue et de Cirque, 2R2C, qui après avoir accueilli dans les rues de Paris, en 2010, EXSTRADA, notre promenade dansée interactive avec l’urbain et les passants, nous invite à une résidence de création dans le XIII° arr. de PARIS à partir de mai 2012 pour notre projet EX-ABRUPTO « Petits attentats artistiques et provocations poétiques à l’usage des passants ».

ETXEA « Frédéric ETCHEVERRY & Gloria ARAS »
www. etxea.org

CULTURE, ÉCONOMIE, EMPLOI

Enjeux

La question culturelle est au cœur des enjeux contemporains. Les inégalités culturelles sont à la racine des inégalités sociales. Nous sommes dans une société de la connaissance où la culture produit de l’émancipation sociale et économique. C’est en investissant dans la culture et la création que nous saurons répondre aux grands défis de demain.

Aujourd’hui, la culture est l’un des tous premiers secteurs d’activité des Etats-Unis et du Japon. En France, un rapport de 2013 ( « 1er panorama des industries culturelles et créatives » ) révèle que celles-ci emploient 1,2 million de personnes en France et ont généré, en 2011, un chiffre d’affaires de 74 milliards d’euros.

Le formidable socle de culture et de création existant en France, allié à la puissance de transformation du numérique nous ouvre de nouveaux horizons : à nous d’inventer ce monde à venir.

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