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Culture, économie, emploiArticles

La culture dans la construction européenne

La culture est un domaine de compétence d’appui de l’Union européenne inscrit en 1992 dans le Traité de Maastricht. L’action culturelle de l’Union Européenne s’est développée, à travers des initiatives fortes comme les Capitales européennes de la culture, le Label du patrimoine européen, ou les programmes CULTURE et MEDIA, remplacés en 2014 par EUROPE CREATIVE. D’autres politiques de l’UE ont un impact sur le secteur culturel : la politique fiscale, la politique de la concurrence, les initiatives visant à renforcer le marché intérieur, la politique commerciale, etc. La propriété littéraire et artistique est elle aussi un domaine dans lequel l’Union européenne intervient de façon contraignante au titre du marché intérieur.

La construction de l’Union européenne s’est toujours faite selon la méthode des « petits pas » grâce à la mise en place d’une gestion commune entre plusieurs pays européens afin de créer une solidarité de fait entre ces pays. La « méthode Monnet-Schuman » est la première étape vers la construction d’une identité européenne propice à une politique culturelle plus marquée. Sans parler de culture nationale européenne, l’Europe n’étant pas une grande nation ni une juxtaposition de nations, la promotion des formes culturelles européennes renforceraient son aspect « cosmopolitique », selon le terme kantien d’Ulrich Beck et Edgar Grande (Das Kosmopolitische Europa, 2004).

Aujourd’hui, dans un contexte de crise économique sans précédent, le secteur culturel et les institutions se retrouvent ensemble autour de l’idée de la nécessité de développer une ambition culturelle pour l’Union. Le dépassement des simples cultures nationales par l’ajout d’une couche de culture européenne est le meilleur, voir le seul rempart contre l’indifférence ou la méfiance envers l’individu étranger Cette ambition est portée par des acteurs locaux à la fois très ancrés sur leur territoire et ouvert à des dynamiques internationales.

La culture, au-delà de la simple valeur économique

•     L’Europe est donc déjà l’espace de coopération naturel des acteurs culturels français. Ces expériences nous montrent que le secteur a déjà répondu positivement à l’appel de l’Europe et les échanges d’aujourd’hui prouvent que le secteur est en demande de plus d’Europe de la culture. Il faut maintenant que l’UE fasse concorder l’identité communautaire naissante avec l’identité européenne multiséculaire dont les acteurs culturels d’aujourd’hui sont plus que jamais conscients.

•     Du côté de la Commission européenne, dans un contexte budgétaire extrêmement tendu, il est réconfortant de  voir une évolution, certes faible, mais positive avec le projet de programme Europe Créative qu’elle a soumis pour adoption au Parlement européen et au Conseil de l’Union européenne. La Commission reconnaît que le secteur de la culture et de l’audiovisuel peut apporter à l’Europe une contribution importante en terme d’emploi et de croissance durable. C’est pourquoi, elle propose d’investir ce champs, d’aider ce secteur à se saisir des atouts de l’ère numérique et de la mondialisation dans le but de tirer le meilleur parti du marché unique. Forte d’une diversité interne et d’un dialogue de plus en plus fourni avec les pays non européen, l’UE est amenée à voir sa stratégie culturelle comme l’épanouissement d’un espace partagé. Cet espace doit faire l’objet d’une réelle stratégie communautaire, stratégie assumée et même revendiquée, pour contribuer à la création d’un espace commun ouvert sur le monde.

•     Mais parier sur la valeur économique du secteur ne doit pas être la seule raison pour l’Union d’investir ce champ. Elle est certainement la seule composante que les États membres ont laissée à l’UE lors de sa construction, mais il est maintenant temps d’incarner physiquement l’identité européenne. En effet, il y a également une « valeur ajoutée européenne » à intervenir dans un domaine fondamental qui constitue également le socle de notre projet de société. La culture est avant tout une ressource symbolique, sociale et esthétique, avant d’être une ressource économique, et c’est sur cette reconnaissance que doivent se résoudre les enjeux de mobilité, de multilinguisme, de défense de droit d’auteur pour que les pratiques culturelles des individus européens deviennent des pratiques européennes.

L’image politique de la culture européenne

•     Cette ambition culturelle n’est pas qu’une question de financement. Il est également primordial que les enjeux culturels soient effectivement pris en compte au titre de toutes les autres politiques européennes. Trop souvent, les règles qui régissent la concurrence, le commerce, ou encore la réglementation du marché intérieur ne tiennent pas compte des spécificités du secteur culturel et peuvent par certaines dispositions, remettre en cause les dispositifs nationaux de soutien à la culture.

•     Il est évident que les replis identitaires sont de plus en plus pressants et nuisent à la construction d’une identité européenne, ce qui explique en partie l’intérêt croissant des autorités de l’UE pour les questions culturelles.

•     Le décalage entre la culture européenne des peuples et la culture européenne de l’UE se poursuit et accentue la fracture entre l’attachement à l’Europe et l’attachement à l’UE.

•     Dans les débats sur l’Europe de la culture, on observe généralement une  confusion entre la culture européenne reposant sur des valeurs communes et le secteur d’activité de la culture en Europe, dont le périmètre ne fait pas consensus au sein des États membres. La conception même de « politique culturelle » n’a pas la même portée dans l’ensemble des pays membres : pour certains la culture reste une affaire avant tout privée ou relevant uniquement du marché.

•     Passer à une véritable politique culturelle communautaire nécessiterait donc en amont un certain nombre de pré-requis sur la vision à court, moyen et long terme de l’UE en matière culturelle. Cela nécessiterait également une révision du Traité qui ne confie pour l’instant à l’UE qu’une compétence d’appui en matière culturelle.

Une volonté citoyenne pour une action politique

•     L’aspect budgétaire d’une telle politique serait essentiel et son éventuel montant dépendrait plus de la volonté politique que du seul poids économique du secteur culturel.

•     On peut enfin souligner qu’une action rapide et une vision transversale de l’UE sont devenues cruciales, avec la modification des usages et de la chaine de valeur du secteur culturel dans le contexte numérique. Les orientations de l’UE doivent désormais mieux prendre en compte les nouvelles pratiques culturelles européennes.

•     Si les valeurs européennes à porter au sens sociologique de la culture semblent facilement identifiables, il est plus délicat de faire émerger un socle d’objectifs communs pour les politiques culturelles. Il pourrait être utile d’organiser des assises de la culture débouchant sur une déclaration d’intention européenne. Toutefois, plusieurs tentatives ont déjà étaient faites en ce sens, sans réellement trouver d’écho (Décalogue pour la Culture).

•     Le lobbying / l’échange avec les autres gouvernements européens est un moyen efficace de faire connaître et de diffuser le modèle culturel français en montrant ses forces et en le confrontant aux autres conceptions. L’organisation de séminaires d’experts, de rencontres ou de colloques reste un des moyens d’emporter l’adhésion des responsables politiques.

•     Un effort de pédagogie s’impose pour revaloriser le concept d’exception culturelle, parfois perçu comme un concept adapté à la France seule. La rédaction d’un plaidoyer pour la reconnaissance de la spécificité culturelle en Europe permettrait de partager nos préoccupations avec d’autres pays.

•     La France doit demander à la Commission de prendre des initiatives permettant de mieux prendre en compte des enjeux culturels dans ses politiques, et notamment ses accords commerciaux. Elle pourrait présenter une stratégie sur ces sujets.

•     L’UE doit des doter d’une gouvernance pour la culture, qui lui permettra d’affirmer l’aspect fondamental de celle-ci dans la construction d’une société et qui participera à la définition d’une stratégie d’ensemble favorable aux politiques culturelles.

CULTURE, ÉCONOMIE, EMPLOI

Enjeux

La question culturelle est au cœur des enjeux contemporains. Les inégalités culturelles sont à la racine des inégalités sociales. Nous sommes dans une société de la connaissance où la culture produit de l’émancipation sociale et économique. C’est en investissant dans la culture et la création que nous saurons répondre aux grands défis de demain.

Aujourd’hui, la culture est l’un des tous premiers secteurs d’activité des Etats-Unis et du Japon. En France, un rapport de 2013 ( « 1er panorama des industries culturelles et créatives » ) révèle que celles-ci emploient 1,2 million de personnes en France et ont généré, en 2011, un chiffre d’affaires de 74 milliards d’euros.

Le formidable socle de culture et de création existant en France, allié à la puissance de transformation du numérique nous ouvre de nouveaux horizons : à nous d’inventer ce monde à venir.

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