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Culture, économie, emploiArticles

Compte rendu du débat Culture et Création un investissement d'avenir

Débat au festival Off d’Avignon, le 16 juillet 2015 :
« culture et création, un investissement d’avenir »

Intervenants :

Maud Franca (directrice adjointe des investissement d’avenir, en charge du numérique), Pascal Keiser (French Tech Avignon), Bejamin Böhle Roitelet (Ekito), Blaise Mistler (SACEM), Laurence Le Ny (Fondation Orange), Gilles Duffau (Centre George Pompidou), Grégoire Harel (fondateur de Proarti et directeur de la Faïencerie de Creil), Aurélie Rochman (metteure en scène associée à la Cie Sans Edulcorant, membre d’Altaïr).

Modérateur : Jean-Jacques Augier (président du conseil des experts d’Altaïr)

« En France, la culture c’est à peu 100 milliards d’euros et le troisième secteur d’emplois. Elle ne peut être étatique sinon elle meurt. Toutes les tentatives en ce sens dans l’Histoire et le monde l’ont prouvé. L’Etat, en revanche, est là pour créer le cadre, les conditions d’accès à la culture, garantir la liberté de création, et permettre l’éclosion et la rencontre entre les œuvres et le public.

C’est pourquoi l’avènement du numérique nous entraîne à débattre de cet impact.

Jean Jacques Augier se tourne vers Maud Franca qui est à l’origine de la thématique de ce débat.

Maud Franca :
Nous réfléchissons à tout ce que le digitale peut apporter à la culture. Le numérique induit des changements à la fois sociétaux et économiques. Mais les progrès rapides peuvent générer des peurs et notamment une difficulté à réguler. Il est nécessaire d’être vigilants pour éviter que le progrès technologique ne s’accompagne d’une régression des droits sociaux et humains.

200 millions d’euros ont été débloqués par le gouvernement pour les accélérateurs de start up et le développement des écosystèmes. Avec le label French tech, nous essayons de développer la création dans les villes de France. Plusieurs éco systèmes ont été labellisés, notamment à Toulouse et Avignon.

Laurence Le Ny :

L’enjeu c’est de trouver des modèles économiques où tout le monde pourrait se retrouver.

Dans les industries culturelles, il est très important d’avoir une dimension nationale, mais également internationale.

Orange est un opérateur européen dans le territoire et au cœur de l’innovation. Nous aidons notamment des secteurs liés à la distribution et la diffusion / la presse numérque, le cinéma numérique, la musique numérique.

Nous accompagnons les diffuseurs de contenus.

La fondation Orange est mécène et soutient le choeur et la voix, développe des partenariats en apportant sa technologie, notamment aux musées.

Orange est notamment en partenariat avec Avignon et la French tech culture.

Nous souhaitons travailler sur du mentorat, c’est à dire l’accompagnement par des experts-métiers.

Pascal Keizer :

l’innovation profite au développement économique du territoire, sinistré en matière économique. Nos initiatives touchent à la fois aux développement économique, au développement de compétences et à la création d’emplois. Nos écosytèmes se sont développés à Avignon, Nîmes, Arles, soit une sorte de métropole diffuse de Nous testons des projets lors de festivals, par millions d’habitants. Ce territoire mixe des zones rurales et des zones urbaines.

Nous aidons au développement d’une dizaine de projets par an.

Par exemple, cette année, nous avons mis au point des lunettes connectées dans la Cour du palais des Papes qui permet une traduction en simultanée de l’oeuvre qui se passe sur scène, sans avoir à changer son regard puisque le sous-titre s’incruste dans votre vision, dans le décor, comme une réalité augmentée. Cela permet au spectateur une meilleure concentration et une meilleure compréhension, et permet de proposer des traductions en différentes langues simultanément.

Il s’agit d’une technologie % française, dont la gestion informatique a été développée par ATOSS.

D’autre projet, par exemple de captation à 360° sur le concept du street view de google, qui permet un autre regard du spectateur, qui peut alors voir la pièce sous différents angles : selon le point de vue du régisseur, depuis les coulisses etc… Modifiant ainsi la scénographie pour le spectateur et créant une nouvelle histoire.

Benjamin Böhle Roitelet :

A créé un accélérateur d’entreprises en 2005. 40 personnes le compose, des experts en technologie, mais aussi des artistes travaillant autour du son, du graphisme etc… Les start up viennent de partout, de Russie ou d’Australie, par exemple.

Ekito coproduit des projets afin d’aider l’accélération des start-ups, grâce à des équipes éclectiques.

Gilles Duffau :

Nous essayons d’expliquer l’art contemporain sur le site internet du Centre Pompidou.

Le Centre Pompidou est un lieu de conservation, mais aussi un d’expérimentation et de réflexion. Il a accéléré les numérisations de ses collections. Son site internet est une forme de centre de resource, avec un pour but de présenter ses collections de manière éditoriales pour expliquer l’art contemportain et donner des clés aux publics empêchés.

Cependant, le modèle économique, en dehors de la subvention, est encore difficile à trouver. Le rapport entre le numérique et le lieu est encore complexe : ceux qui regarde sur internet ne sont toujours pas nécessairement ceux qui y viennent.

Le numérique participe au développement, mais c’est encore une activité qui coûte plus qu’elle n’en rapporte. »

Jean-Jacques Augier interroge : Pourrait-on imaginer une visite virtuelle avec un ticket d’entrée ? »

Gilles Duffau : Il reste encore un modèle à imaginer, le public n’est pas habitué comme l’a montré l’expérience menée par la fondation Louis Vuitton.

Nous avons environ 3000 œuvres multimédias, c’est-à-dire des œuvres créées sur ce type de supports et non numérisés après coup.

Aurélie Rochman :

Metteure en scène, sa première confrontation avec le numérique l’a été via l’entrée des consoles de régie. Numériques, elles obligent à entrer des délais précis. Ainsi un accompagnement lumineux d’un déplacement, par exemple, ou d’une citation n’est possible que timé rigoureusement. Ainsi, le comédien se doit de se plier au numérique et la régie lumière n’est alors plus au service du spectacle vivant, mais l’inverse.

Aussi, elle s’interroge sur ce que le numérique peut apporter au spectacle vivant et évoque la médiation / diffusion des œuvres mais aussi la conservation.

Dans un endroit comme Avignon, il serait intéressant de créer une application qui pourrait aider les spectateurs à s’y retrouver : 1352 spectacles par jour : quoi voir, que faire quand c’est complet, où aller en fonction de ses goûts etc…

Le numérique pourrait aider le théâtre à traverser le temps.

Mais il reste la problématique des droits d’auteur : qui est l’auteur ? Le metteur en scène ? Le monteur ? Le réalisateur des images ?

Pascal Keizer  : au sujet de la conservation, ce n’est peut être pas une solution car les supports numériques sont les plus fragiles de l’histoire de l’humanité. Nous produisons beaucoup, mais les supports ont une durée de vie de 5,10 ou 50 ans…

Grégoire Harel, directeur de la faïencerie à Creil et fondateur de Proarti, plateforme de mécénat participatif culturel.

Aujourd’hui, on est confronté à des générations de personnes qui ne savent plus trop faire la différence entre fiction et réalité.

Le spectacle vivant est considéré par certains comme vieillot, artisanal et même élitiste. Mais pour autant, Il ne faut pas oublier la dimension humaine, le lien social.

« La rémunération des artistes est primordial. »

« Avec Proarti nous essayons de connecter mécénat culturel et financement participatif. Et nous constatons que la réduction fiscale incite les donateurs à être plus généreux mais pas à être donateurs.

Aujourd’hui, aucune plateforme de financement participatif n’est viable par elle même, mais le financement participatif est une plateforme de repérage de l’innovation.

Blaise Mistler :

La SACEM a commandé un premier rapport à E&Y sur l’état de la filière culturelle en France, puis au niveau Européen. Il en ressort notamment que les filières culturelles ont résisté à la crise, elles sont non délocalisables. Mais il n’y a pas d’exception française, la culture représente 4,2 % du PIB de l’Europe. Dans un contexte de raréfication de l’argent public, il faut rappeler leur importance et les revenus qu’elles génèrent, qui sont supérieurs même à l’industrie agro-alimentaire !

La culture est un droit humain et il est important d’intégrer des dimensions culturelles dans l’éducation dès le plus jeune âge.

CULTURE, ÉCONOMIE, EMPLOI

Enjeux

La question culturelle est au cœur des enjeux contemporains. Les inégalités culturelles sont à la racine des inégalités sociales. Nous sommes dans une société de la connaissance où la culture produit de l’émancipation sociale et économique. C’est en investissant dans la culture et la création que nous saurons répondre aux grands défis de demain.

Aujourd’hui, la culture est l’un des tous premiers secteurs d’activité des Etats-Unis et du Japon. En France, un rapport de 2013 ( « 1er panorama des industries culturelles et créatives » ) révèle que celles-ci emploient 1,2 million de personnes en France et ont généré, en 2011, un chiffre d’affaires de 74 milliards d’euros.

Le formidable socle de culture et de création existant en France, allié à la puissance de transformation du numérique nous ouvre de nouveaux horizons : à nous d’inventer ce monde à venir.

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