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11 janvier 2015, et après ?Articles

Compte rendu du débat 11 janvier et après ? les réponses éducatives et pédagogiques

11 janvier et après, quelles réponses éducatives et pédagogiques ?

François Adibi, président d’Altaïr lance le débat qui a eu lieu le 17 juillet 2015

Pierre Conesa :

historien de formation, responsable des affaires stratégiques au ministères de la défense, auteur de « la fabrication de l’ennemi », ouvrage de référence pour Altaïr.

Auteur d’un rapport pour les associations d’aide aux victimes du terrorisme.

Aujourd’hui, il y a dans la religion musulmane une radicalisation qu’il qualifie de salafiste.

Et cette radicalisation représente une légitimation du passage à l’acte, des actes de violences et de terrorisme de la part de ces radicaux.

Nous avons identifié le processus d’adhésion d’un individu repéré par ces mêmes radicaux :

séduction, isolement, défense de la cause.

Ce n’est pas qu’un processus sectaire, car il a une vocation politico-religieuse. Le salafisme est une guerre de mouvement perpétuel qui est destiné à montrer que la république est contre l’islam.

Ces individus prétendent être les meilleurs musulmans, donc ainsi représenter tous les musulmans.

Mais ce n’est pas un terrain religieux, c’est un terrain politique !

C’est une secte à résonance internationale qui cherche à montrer que les musulmans sont victimes de répression à l’échelle de toute la planète. C’est une dimension internationale constante.

L’isolement sectaire fait que la discussion critique est impossible.

Dans ce domaine, la faillite du politique est évidente :

On ne combat pas le fanatisme si on ne le combat pas à l’extérieur, or le ministère de la défense est le seul qui ne s’est pas positionné à ce sujet.

Le 1er acte pédagogique à faire est de reprendre une parole politique.

VIRGINIE LAROUSSE :

Directrice de la rédaction du Monde des Religions qui aborde les religions sous l’angle culturel.

Dans les années 80-90 on pensait que la religion était quelque chose qui allait disparaître.

Et dans les années 2000 : la religion réapparait mais sous 3 formes : spirituelle (on puise un peu partout pour se créer la sienne), identitaire et communautariste, extrême et violent qui a généré un effet de surprise.

Si on regarde le cours de l’Histoire, la religion ne disparaît jamais.

Les questions métaphysiques sont celles qui caractérisent le plus l’humanité, depuis sa création.

A minima, tous les hommes se posent la question de dieu, sous la question : est-Il ou non.

Il est donc utopique de vouloir faire disparaître les religions.

Et illusoire en se disant qu’elle est vecteur de violence car elle est sont intrinsèque à l’Homme

Ne pas leur donner la parole dans l’espace public en la reléguant dans la sphère privé est une fausse bonne idée car cela produit un effet boomerang.

Plus on les refoule et plus les attentes métaphysiques sont accaparées par des mouvements issus du Qatar ou de l’Arabie Saoudite dont les modes de vie ne sont pas compatibles avec la république.

Toutes les religions ont un potentiel de renfermement sur soi.

Il y a des aspects que les gens ignorent et des gens ignorants des religions.

Dans l’islam, la figure de Jésus est très vénérée. C’est le sceau de la sainteté. Le Coran cite 93 fois la Vierge Marie, plus que dans le haut testament !

Dans la Sourate 5 il est dit aux croyants que les croyants qui leur sont les proches sont les chrétiens. Cela laisse perplexe au regard des attentats perpétrés par des djiahdistes, notamment sur les chrétiens d’Orient !

Sur les attentats de Charlie Hebdo la question lui semble être :

« est-ce que les musulmans ont le sens de l’Humour ? »

Un dossier sur l’Humour dans les religions. Dans l’Islam, les années 1930, dans le monde arabo musulmans, existait un journal « Molha Nasrédine », sorte de Canard Enchainé, diffusé, avec des caricatures religieuses.

Aujourd’hui, avec ce niveau d’extrême susceptibilité, beaucoup de musulmans ne connaissent pas leurs traditions.

Elle a du mal à comprendre pourquoi les enseignants sont réticents à ce point à transmettre le fait religieux, et l’occasion de montrer la grandeur de ce que le monde de l’Islam a transmis (Averoes, Avicennes etc…).

Il est fondamental que l’école apprenne aux enfants de voir de quelles manières ont peu vivre en semble et ne pas attendre la Terminale et le cours de philo. Le vivre ensemble passe par le fait de montrer aux élèves de quelles manières ils peuvent être différents. Ce qui les unit, ce sont les valeurs et le fait de vivre en France,

la règle d’Or : ne fait pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse : se retrouve partout, dans toutes les religions.

On peut par exemple mettre en place des jeux de rôles, en situation concrète pour montrer ce qui les unit.

Elle est inquiète de l’approche clivante des médias qui participe au délitement du lien social : on parle de l’arbre qui tombe et non de la forêt qui pousse.

Sans tomber dans l’angélisme, mais évitons de mettre l’accent sur ce qui nous divise et montrons ce qui nous unit.

La politique de la ville et de la gestion des prisons à revoir. Des radicaux y radicalisent au vue et sus de tous, on ne met pas les moyens pour l’empêcher.

MARC CHEB SUN, journaliste et fondateur d’ailleurs et d’ici.

Est-on encore dans le colonialisme ?

Il est évident : on s’inquiète de la manipulation génétique, mais l’instrumentalisation des questions identitaires est aussi très dangereuse !

Toutes les frustration identitaires ressurgissent avec une ampleur terrible, notamment avec les manipulations du Wahhabisme.

Travail sur l’affirmation d’une France plurielle, résolue et au contraire dise « le destin d’un pays métissé c’est d’assumer son passé, de valoriser son passé et de pouvoir construire un avenir »

Pour beaucoup de jeunes, être musulman représente une colonne vertébrale, symbolise une revanche sur l’histoire, mais ils sont aussi descendant de la France coloniale (ce qui est peu transmis et dit). Mais dans le même temps, on a à faire à une génération qui a grandit avec le 11 septembre.

A du se structurer face à un déficit de leur rôle d’acteur de la société et à compenser cela par une identité musulmane très forte et le rapt de leur foi par des gens qui utilisent et qui les structurent profondément pour commettre crime, meurtre… Difficile pour un jeune de se construire avec toutes ces injonctions.

Reconnaître le droit à la complexité, le droit au débat, la relation de la société française à ces individus et pas que territoriales. La reconnaissance de leur apport à la société est indispensable.

L’enseignement religieux est financé par la politique de la ville et donc sujet à certaines dérives.

L’enseignement du fait religieux doit être une priorité.

SELIM ALLILI : président de l’observatoire des Think Tank :

Repenser notre rapport aux politiques, et aux citoyens. Comment celui-ci peut être pas simplement passif, mais également acteur de ces politiques. Cela pose la question des gouvernances.

On est arrivé à la fin d’un modèle où le vote donne quitus pendant 5 ans à une classe politique. Ça ne marche pas si les politiques élus ne font pas ce pour quoi il s l’ont été et n’appliquent pas leur programme.

La solution n’est plus dans les partis politiques. Le personnel politique doit porter une vision, des valeurs. On est condamné à faire confiance à l’intelligence et aux citoyens si on veut que ça marche. IL faut sortir de la logique d’infantilisation des citoyens. Ce qu’ils font tous les jours apaisent au quotidien les tensions de la société.

Aujourd’hui, la jeunesse à laquelle on s’adresse ne lit plus. Cela va avec corrélation sur al maitrise de l’Histoire et de la lecture de la jeunesse dans son ensemble.

Les politiques aujourd’hui, n’ont plus les réponses.

Nathalie Kosciusko-Morizet :

Y a t-il eu une cécité des politiques par rapport au djihadisme ?

Je ne pense pas que le Djihadisme soit juste l’aboutissement d’un radicalisme religieux, il y a aussi du Nihilisme.

Lutter contre le nihilisme : si on choisit de vivre dans une société de liberté, alors il faut le défendre.

La place des femmes dans une civilisation est un baromètre de santé de la dite civilisation.

Alain ASSOULINE : responsable de l’Institut E. Quinet qui fait de la formation des élus.

L’enseignement philosophique qui aborde la question religieuse est extrêmement important.

Phrase de Spinoza, exclu de sa communauté juive et qui a subit un moment difficiel après l’Inquisition, il parlait de requestionner les religion avec la Raison. .  :

on a perdu à discuter avec les religions sur les religions sur le fond.

Spinoza : la raison ne peut rien contre les passions. Alros il faut faire de la rason une passion ;

réfléchissons à comment faire de la bataille pour la raison qui est la condition pour discuter de toutes les valeurs, et comment on remet de la passion. Le théâtre et l’art en général est un moyen pour remettre de la passion, des émotions, dans la raison.

Issu du plateau de Creil, venu du Maroc, je suis élu local : il y a une dimension quand 2 jeunes sur 3 sont au chômage, prier 5 fois par jour ça occupe le temps… Enjeu fondamental : celui de l’emploi.

ROST : président de Banlieues Actives

on fait l’autruche parfois…

Quand on parle de la Libye (NKM) : élément fondamental de la radicalisation actuelle.

Le politique est déconnecté de la réalité des gens car ne les écoute pas.

Ce qui s’est passé en Libye : vue des africains, cela ressemblait à une recolonisation ! ! La Libye c’était pour des intérêts personnels…

Marc parlait de la pratique de la religion comme une colonne vertébrale pour les jeunes. Je ne suis pas forcément d’accord, car la pratique pour les jeunes devient un refuge sécurisant contre une société de laquelle ils se sentent exclus. Ils ne le font pas à cause de leur parents, mais parce que c’est de la sécurité. Ils ne cherchent pas les textes, ne les lisent pas ? Ils entendent ce qu’on leur prêche, c’est tellement plus facile lorsque vous n’avez rien et qu’on vous promet la sécurité.

On a parlé de l’Histoire coloniale : il faut la solder définitivement. On a toujours ce paternalisme et cette considération des « minorités » qui les maintient « en dessous » et ne donnent pas toutes leurs valeurs à ces jeunes qui se trouvent perdus et non représentés.

La question de l’ignorance (j’interviens dans les prisons, maintenant pour faire de la déradicalisation ! )

il y a des gens qu’on arrivera à sortir du côté obscur. Mais une partie y restera, sans mesure forte, ceux-là finiront par nous exposer dans la tronche. La parole politique est importante mais elle est très très très très insuffisante face aux événement de janvier.

Le gérant de l’Hypercacher de la porte de Vincennnes est quelqu’un de ma famille, mon ami de 25 ans, son frère est le parrain de mon fils. Les politiques n’ont pas tiré l’affirmation de la République et de ses valeurs face à l’obscurantisme. Il y a une bombe à retardement, même si on essaye d’agir ! ! On prend, malgré les efforts, les choses un peu tard. Les politiques sont dans le populisme absolue, qu’ils prennent la mesure de ce qui a été fait d’un gouvernement qui a pointé les musulmans du doigt pendant 5 ans et a provoqué le repli sur soi et communautarisme.

Il faut réenchanter le rêve républicain pour tous les gamins, peu importe leurs quartiers de vie.

Schizophrénie dans la politique étrangère de la France car le financement du terrorisme vient de l’Arabie Saoudite, du Qatar, le Koweit, Emirats Arabe Unis.

Pierre Conesa :

Processus sociologique : centre commerciaux et mosquées, c’est tout.

Les saoudiens à l’extérieur font tout ce qu’ils s’interdisent chez eux et reviennent en faisant amendes honorables en donnant à des associations, en aidant ailleurs notamment d’où l’explication des financements extérieurs.

NKM  : le 11 janvier les gens sont descendus « pour » les valeurs de la république et la fierté d’être Français.

Les accords avec l’Iran vont changer la géo politique du coin…

En avril, j’étais en Irak avec une ONG. Là bas, ceux qui se battaient contre DAESH c’était les Peshmergas (Kurdes), des milices Shiites armées par l’IRAN.

Virginie Larousse :

arrêtons de projeter notre propre vision à des gens qui n’ont pas la même vision du monde que nous. Certains, des jeunes notamment, ont besoin avant tout de cadre et non de liberté qui est angoissante parfois, et l’Islam est sans doute la religion la plus cadrante.

Rost  : Tant qu’une identité n’est pas reconnue elle est un combat

SELIM ALLILI

la langue commune est importante.

NKM  :

Service militaire

Problème du volontaire : une partie y échappe toujours et cela ne crée pas le terreau recherché, pour cela ça doit être obligatoire.

ASSOULINE  :

Pendant des années, il y a eu du colonialisme honteux et du racisme honteux ; pour certaines personnes, issues de certaines immigrations, on n’a pas de débat à avoir ni de cadre à poser. Là dessus, il faut repenser ces questions là, il faudrait que ce service civique soit obligatoire.

VIRGINIE LAROUSSE :

le nombre de boutique vendant des Nikab m’a choqué ! Le voile islamique ne me choque pas outre mesure, mais le Nikab nuit à la socialisation des personnes !

Un verset dans le Coran dit « Dieu a créé les êtres humains à partir du principe mâle et du principe féminin et pour qu’en communauté, elles se connaissent. »

Pierre Conesa :

Que l’enfant soit au centre de l’école et pas la connaissance est une erreur majeure.

11 JANVIER 2015, ET APRÈS ?

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